Je me souviens - Acropole et école en automne

Publié le par Pauline

Un dimanche dans l'Antiquité à déambuler autour des temples


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Il y a plus de deux mois maintenant, le dimanche 11 septembre, je me rends pour la première fois de mon année Comenius avec des amis (mon coloc syrien Nezar, Electre une super amie d'Athènes et Roberto, un couchsurfeur italien vivant à Barcelona) à l'Acropole. Il fait très chaud mais il n'y a pas trop de monde ! L'ascension est des plus agréables à l'ombre et au chant des cigales (elles étaient à l'époque actives jour et nuit, même dans mon quartier).

 

Je vais faire ma rabat-joie.. Rien n'a changé en trois ans - première et dernière fois alors où j'avais visité l'acropole. Le site est superbe certes mais toujours entouré de d’échafaudages..  Il s'y trouve peu d'informations.

 

En revanche quelle vue sur Athènes, ses bâtiments blancs, ses monts, le Pirée au loin ! Quelle lumière ! La végétation est dense et avec le ciel bleu je me prends à vraiment aimer cette "forêt de béton". Ma - gni - fi - que !! Par la suite j'irai sur le mont Lycabette : vue encore plus imprenable et émouvante !

 

Mon premier lundi au collège - la rentrée ou mes premiers pas dans les réalités


Lundi 12 septembre c'est ma rentrée ! Intéressante et " marrante" ! Un prêtre orthodoxe est venu faire des prières et bénir le collège à 9h ! Le prêtre a entonné des chants assez émouvants et a procédé à un envoi d'eau bénie sur les élèves amassés dans la cour du collège. Il sont environ 250, une cinquantaine de parents et la trentaine de professeurs rassemblés dans la cour.. Ce à quoi je ne m'attends pas : on me fait monter sur la marche à côté du prêtre pour me présenter ! Moi qui était tout au fond de la cour, bien tranquille ! Je fais un petit coucou de la main aux élèves en prononçant "Yassos" (salut) quand la directrice me nomme. Je ne fais pas ma maligne. Je ne suis pas très à l'aise mais au final je suis ravie et surprise que les élèves répondent à mon coucou par des mains levées, des sourires ! Ils semblent tous très mignons. Très petits !


Je ne fais ensuiteRentrée qu'une heure de cours avec les "petits" justement, ils ont 12 ans. La classe alpha éna (A1). Tous adorables ! Ceux qui étudient l'allemand sont mélangés avec ceux qui ont choisi le français (largement plus nombreux ! Les 2/3 des élèves je dirais). Je me présente en français et en allemand, nous faisons des jeux dans les deux langues. L'heure passe vite ! "L'heure" ne dure en fait que 45-50 minutes. Pour des 12 ans ils se débrouillent assez bien en français ! J'ai hâte de commencer sérieusement les animations, les cours ! Je me rendrai par la suite compte que les meilleurs et les plus motivés des élèves sont les "petits", les classes de A et de B.. C'est avec eux que je développe d'ailleurs les projets les plus intéressants : concours de la francophonie, correspondances, sorties...

 

Enseigner le français est un "challenge" et un pari sur l'avenir. Ma tutrice m'expliquera souvent que son avenir professionnel est incertain, le gouvernement grec souhaitant dans les années à venir supprimer l'enseignement d'une seconde langue au collège et au primaire ! Son avenir est d'autant plus incertain que pour le moment une seconde langue est enseignée dans les écoles primaires mais cette année toutes celles du quartier ont choisi l'apprentissage de l'allemand après vote des parents d'élèves. Qui l'étudiera par la suite au collège? Mania est d'autant plus triste que je suis présente cette année. Elle aurait aimé que j'intervienne auprès des primaires. Affaire à suivre concernant les lycéens.


Ce même jour, je suis une réunion de 2h en grec - gros mal de crâne à la fin. Les professeurs se prennent un peu la tête.. J'ai l'impression d'être la spectatrice d'une pièce de théâtre à laquelle il manque les sous-titres. Les acteurs débatent de l'organisation des cours, des sorties, des emplois du temps. Qu'ils font sur un coin de table durant la réunion (pensée pour mon père qui passe des mois sur ces plannings !!). Je me mèle à la troupe après la tombée du rideau. Pour reprendre des forces après la récitation.. Plus sérieusement pour fêter la rentrée, nous déjeunons tous ensemblePrêtre : feuilletés de feta, croissants avec jambon et fromage, pizzette et beaucoup de rouge.. A 15 heures je suis enfin à la maison après avoir attendu 40 minutes le métro, je dors comme un bébé toute la fin de l'après-midi, assomée par le vin et la chaleur.

 

Le mardi j'aurais du avoir deux heures de cours. Au lieu de cela, je reste à la maison. Farniente à la grecque imposée par la situation socio-politique du pays. J'ai mis les pieds ce matin-là dans le début d'un quotidien fatiguant qui durera un bon mois. A Athènes à l'époque il y a un métro toutes les trente minutes, souvent des grèves. On ne sait jamais vraiment quand le métro va arriver. Sortie du centre-ville, les horaires des métros ne sont plus affichés. Je me pointe souvent à la station le matin à 7h35 pour prendre un métro vers 8h, retrouver ma tutrice à 8h30 et arriver à l'école pour la deuxième heure de cours à 8h50. Bus et métro sont toujours remplis - il y en a si peu. Un matin à 8h je ne peux même pas monter dans le métro tant il est plein à craquer ! Nous sommes plusieurs à rester au final sur le quai.


Notes positives de ces premiers jours : les élèves semblent sympas et intéressés. J'ai hâte de les connaitre mieux. Ma tutrice est très gentille, disponible. En cette période agitée elle me parle beaucoup de la crise, de ses problèmes - donc évidemment pas de façon enjouée et positive. Malgré sa personnalité solaire, nos discussions sont assez plombées parfois.. Mais la situation pour les Grecs est loin d'être simple et facile... Le weekend qui suit, pour fuir un peu Athènes je pars avec une amie à Nafplio qui semble être une ville très belle, à la croisée historique de la Grèce moderne et des invasions vénitiennes, entre terre et mer, la ville aux trois châteaux ! A découvrir dans un prochain article !

Publié dans Quelques souvenirs

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